Les autres produits de la filière Foie Gras

Du Magret au Confit, des aiguillettes aux gésiers, chaque partie du canard et de l’oie trouve sa place en cuisine. Cette diversité de morceaux, de textures et de préparations reflète une tradition culinaire où rien ne se perd. Certains se dégustent simplement poêlés, d’autres se prêtent aux cuissons lentes, au fumage ou à la conservation dans la graisse. Autant de façons de varier les plaisirs, tout en profitant de produits riches en goût..

Le Confit : tradition du Sud-Ouest

Le Confit est l’une des grandes spécialités du Sud-Ouest. Héritée des anciennes techniques de conservation, sa préparation repose sur un principe simple : les morceaux de canard ou d’oie sont salés, puis cuits lentement dans leur propre graisse avant d’y être conservés. Cette graisse forme une protection naturelle qui permettait autrefois de garder la viande plusieurs mois, bien avant l’arrivée de la réfrigération.

Le terme « confit » vient du verbe confire, issu du latin confectus, qui signifie « préserver ». Aujourd’hui, le Confit est principalement préparé à partir de cuisses, de manchons, d’ailes ou de cous de canards et d’oies engraissés pour la production de Foie Gras et de Magrets. Son appellation est encadrée par la réglementation française : seuls des morceaux de canard ou d’oie gras, cuits et conservés dans de la graisse de canard ou d’oie, peuvent porter cette dénomination.

Apprécié pour sa chair fondante et sa peau dorée et croustillante après réchauffage, le Confit se prépare facilement au four, à la poêle ou à la plancha. Il accompagne traditionnellement les pommes de terre sarladaises, les haricots blancs ou une salade verte. Il entre aussi dans la composition de recettes emblématiques, comme le cassoulet du Sud-Ouest.

Proposé frais sous vide, en bocaux ou en boîtes métalliques, il se conserve dans un endroit frais pendant environ quatre ans. Une recette généreuse, profondément liée aux savoir-faire régionaux et soucieuse de valoriser chaque morceau.

Pain kebab au confit de canard effiloché
Inattendue

Le Magret : du Gers à New-York

Le Magret est le filet prélevé sur la masse pectorale d’un canard ou d’une oie engraissé(e) pour la production de Foie Gras. Sa dénomination est protégée par la réglementation française depuis 1986 : il est présenté avec sa peau et sa graisse sous-cutanée, et ne comprend pas l’aiguillette, située juste sous le Magret. Cette dénomination sera reprise dans le règlement européen sur les normes de commercialisation des volailles en 1995. (Règlement UE 543/2008).

Son nom vient de l’occitan magre, qui signifie « maigre ». Sa chair rouge, tendre et savoureuse présente les qualités nutritionnelles d’une volaille : sans la peau, le Magret apporte 190 kcal pour 100 g, ainsi que 25 g de protéines, 10 g de lipides et 0 g de glucides. Sa graisse contient des acides gras mono-insaturés et poly-insaturés.

Le Magret doit une part de sa renommée au chef gersois André Daguin. Dans les années 1960, il le propose à la carte de son restaurant de l’Hôtel de France, à Auch. À la suite d’un passage dans cet établissement, l’écrivain et journaliste américain Bob Daley le fait connaître aux États-Unis en écrivant dans le New York Times : « J’ai découvert une nouvelle viande : le Magret ! »

Un bon Magret cru se reconnaît à la couleur de sa chair, rouge franc, et à sa peau, dont la couche de graisse adhère parfaitement à la viande. Pour le cuire, il suffit d’inciser la peau en croisillons, puis de le faire cuire d’abord côté peau. Après environ cinq minutes, retirez la graisse fondue (mais ne la jetez pas !), retournez-le côté chair et poursuivez la cuisson trois minutes.

Le Magret se déguste aussi fumé ou séché, en fines tranches dans une salade, avec des pommes de terre ou une raclette. Frais, il peut être poêlé ou grillé ; mariné, il se prête au barbecue ou à la cuisson au four, confit, il offre une texture particulièrement fondante.

Tout est bon dans le canard

Les aiguillettes

Les aiguillettes sont de fines bandes de chair situées sous le magret de l’animal. Issues de canards à foie gras, elles bénéficient de caractéristiques singulières : elles sont particulièrement tendres, moelleuses et savoureuses. Il s’agit d’une délicieuse alternative pour tous ceux qui ont envie de découvrir la chair des canards ou des oies différemment.

Elles sont à consommer rosées à cœur, soit 2 à 3 minutes à la poêle avec une toute petite touche de matière grasse – de la graisse de canard de préférence.

Le cou

Le cou est une partie trop souvent boudée de la volaille. Il est pourtant riche en collagène et en protéines. C’est la base de la fameuse recette du cou farci consommée dans le Sud-Ouest, mais il se déguste aussi snacké à la poêle, en confit ou en bouillon. Il est plus riche et offre une texture unique. Une vraie pépite insoupçonnée, parfaite pour une démarche zéro gaspi.

Les cœurs

Ne vous arrêtez surtout pas sur des a priori ! Le cœur de canard ou d’oie est un vrai trésor parmi les morceaux oubliés. Riche en protéines et en fer, mais faible en glucides, c’est un abat qui se prépare en brochettes, à la plancha ou à la poêle et se consomme en tapas ou comme assaisonnement dans une salade d’été. Considéré comme un mets de connaisseur, il apporte une texture riche et une saveur encore plus prononcée que le Magret.

Les gésiers 

Le gésier fait partie du système digestif des volailles. Son rôle est de broyer les graines et tout autre aliment dur. C’est un muscle qui travaille beaucoup. Il développe donc une texture charnue et ferme très appréciée. Il se consomme aussi traditionnellement confit dans de la graisse d’oie ou dans des bouillons aromatisés car il absorbe très bien les arômes. C’est aussi une excellente source de protéines et de vitamines, alors pourquoi s’en priver ?

Les pattes 

Si aujourd’hui elles ont peu à peu disparu de notre alimentation, les pattes faisaient pourtant partie de notre tradition culinaire paysanne « rien ne se perd ». C’est un produit très sain, riche en collagène et relativement pauvre en glucides. On les prépare dans des cuissons lentes : bouillons, pot-au-feu, terrines, etc. Ce sont d’ailleurs toujours des incontournables de la cuisine asiatique, notamment chinoise.

La graisse

La graisse du canard gras est un véritable bijou de notre gastronomie. Pour saisir une viande, faire rissoler des pommes de terre ou même rôtir des légumes, une simple cuillère suffit à apporter un goût unique à vos plats. Elle favorise la création d’une croûte croustillante tout en conser­vant le moelleux à l’intérieur, le tout en supportant des températures importantes sans se dégrader. Alors, ne jetez surtout pas vos parures de Magrets ni le gras rendu après cuisson !

Les plumes

Le plumage des oies et des canards est un produit très précieux. Il se compose de plumes « de surface » et de duvet, une sous-couche plus légère et douce. Ce sont deux isolants exceptionnels que les éleveurs valorisent auprès d’autres pro­fessions, notamment pour le rembourrage de vêtements chauds ou pour la confection de literie (coussins, couvertures, etc.). Les plumes contiennent également certaines molécules intéressantes pour la pharmacie ou la cosmétique (kératine, cystine).

Des recettes de fêtes avec le Magret

Ce qu’il faut retenir :

  1. Le Confit désigne uniquement des morceaux de canard ou d’oie gras, cuits et conservés dans de la graisse de canard ou d’oie, selon la réglementation française.
  2. Proposé frais sous vide, en bocaux ou en boîtes métalliques, le Confit se conserve dans un endroit frais pendant environ quatre ans.
  3. Depuis 1986, le Magret est le filet d’un canard ou d’une oie engraissé(e) pour la production de Foie Gras, présenté avec sa peau et sa graisse sous-cutanée, sans l’aiguillette.
  4. Sans la peau, le Magret apporte 190 kcal, 25 g de protéines, 10 g de lipides et 0 g de glucides pour 100 g.
  5. Les aiguillettes se consomment rosées à cœur, après 2 à 3 minutes de cuisson à la poêle avec une petite quantité de matière grasse.
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